Des Nouvelles de la Librairie |
Sur beaucoup de points de société, l'évolution des Etats-Unis d'Amérique précède celle
de l'Europe, et donc de la France. Sans vouloir forcément s'y identifier, il est bon, au
moins de savoir ce qui s'y passe. Une discussion récente avec un client installé depuis
peu en Californie nous a fourni quelques lignes directrices, dont deux sont majeures.
D'abord, le citoyen normal ne va plus en boutique. Le rite ou la promenade, les visites des
commerces pour 'voir', cela est terminé, tout du moins en ce qui concerne le mode
exploratoire antérieur. Un nouveau commerce s'est peu à peu mis en place. On recherche
sur l'internet, et selon le bien recherché, on planifie une visite de boutique ou l'on
commande par correspondance. Pour tout achat standard, ce dernier mode est privilégié.
Ensuite, le citoyen normal est un vendeur-acheteur. La barrière de communication a
totalement disparu. Tout individu de tout point du monde peut mettre à disposition, via
un simple appareil photo numérique et un ordinateur, directement ou par l'intermédiaire de
nombreux sites de vente, n'importe quel objet de sa cave ou de son grenier, au vu et au su
du reste du monde. Le seul frein à ce nouveau type de commerce est le coût du port, et il
ne concerne que les articles ou lots à faible coût.
Que peut-on déduire raisonnablement de ces éléments ?
Eh bien en tout premier lieu que la boutique traditionnelle est morte. De la même façon que
les 'petits commerces alimentaires' ont été remplacés par les grandes surfaces, un gros
pan du commerce traditionnel a été dématérialisé. En Californie, les commerces font la
course aux promotions avec tous les artifices possibles pour attirer le client dans les
boutiques ... via l'internet. Avec l'énorme avantage de permettre l'accès à ladite
boutique dans le confortable contexte américain (routes larges et parkings partout),
et son immense souplesse (ouverture 7 jours /7 et 24h/24) !
Par ailleurs, la notion même de compétitivité doit être repensée. Faute de réactions
gouvernementales qui tardent à venir (s'il y en a un jour) sur l'alignement des
conditions d'exercice du commerce entre les particuliers et les professionnels, ces
derniers subissent une concurrence totalement déloyale. Le sujet est clair et a déjà
donné lieu à des actions en justice basées sur ce type de critère.
En guise de conclusion (provisoire), il faut s'interroger ... S'agit-il d'une évolution
inéluctable, d'une crise, petite ou grande, comment réagir, est-ce possible ?
Pour ce qui concerne notre activité de Librairie Spécialisée en BD, des solutions
spécifiques existent. Voici quelques exemples, qui ne prennent pas en compte, dans un
premier temps, la notion de complexité de mise en oeuvre ...
Visibilité de la boutique
Nos investissements sur la Database BD du Loup doivent nous permettre de porter la
totalité de notre catalogue en-ligne. A ce jour, environ 80.000 pièces sont disponibles
à la vente. La mise à jour du catalogue en-ligne (sur base journalière) reste comme une
sorte de rêve ! (et nous nous en excusons). Nous avançons cependant à petits pas ...
Compétition avec les particuliers
Elémentaire, mon cher Watson, les particuliers vendent à bas prix ? Eh bien achetons !
De plus, dans notre domaine, la spécialisation a du bon ... pour le client. Dans beaucoup
de cas, l'achat d'une pièce de collection sur l'internet est risqué, sur certains sites,
il n'est même pas possible de connaître avec précision l'édition qui est proposée à la
vente ...
Accessibilité de la boutique
Si ce point devient majeur, il faudra déménager. Nous y avons déjà songé sérieusement.
Spécialisation de notre offre
Une action importante d'un libraire spécialisé est la recherche de pièces rares, sans
être forcément chères. Par manque de temps et d'expérience, nous avons beaucoup occulté
cet aspect depuis notre démarrage, en nous limitant à ce que nos clients (merci tout
de même) voulaient bien nous proposer. Par chance, nous avions (et nous avons encore)
pas mal de réserves de ce côté. Mais il va falloir s'y remettre sérieusement ...
Voilà, nous avons profité de cette mise à jour du site liée à la mise à disposition du
niveau 74 de nos catalogues pour faire un point général sur notre activité. Nous espérons
ne pas vous avoir trop ennuyé avec ces digressions générales.
Fidèlement votres
Rappelons que la partie 'Database BD du Loup' dispose de ses propres bulletins de mise
à jour, ici.
Pour la partie 'librairie' du site, et en oubliant les pages de service comme celle-ci,
ont été mises à jour les pages concernant :
Un peu de respiration en ce printemps tardif. Avant d'attaquer la phase suivante.
Que s'est-il passé ces derniers mois ? ...
Principalement notre ravalement d'immeuble. Un chantier pas très soigné et un temps souvent
maussade n'ont pas favorisé les visites de collectionneurs ... et, n'est-ce-pas, quand les
clients ne viennent pas tous seuls, il faut aller les chercher ...
Nous avons donc poursuivi nos efforts de mise à jour, inventaires et saisies, toujours sur
le mode de "tous les jours un peu" ...
Et le Catalogue 73 est sorti, avec un inventaire complet pour la famille des Récits
Complets et toutes les mises à jour depuis le 15 décembre 2007 pour la famille BD/CX.
Cette fois-ci (à contrario de celui de décembre, le 72, qui n'a été diffusé que sur le net)
le catalogue 73 a été, jusqu'à ce jour, rendu disponible uniquement par correspondance.
Il est maintenant temps d'en fournir une version un peu mise à jour (ne serait-ce qu'au
niveau des pièces qui ont été vendues), sur le net. Cette version sera référencée 73.2.
Elle sera déclinée sous deux formes :
Ah nous l'avions préparée cette dernière semaine de l'année ...
Une mise à niveau de la Database, d'abord, c'est toujours le socle de nos autres opérations,
avec des nouveaux scans, une meilleure visibilité des modifications, le passage au-dessus
des 230.000 pièces ...
Et puis une grosse consolidation de nos catalogues en-ligne avec l'incorporation des Comics
dans la famille BD, L'ajout d'un catalogue pour les Récits Complets avec pas mal de matériel,
et même un début de catalogue PFs pour quelques éditeurs. Pour cela, nous avions procédé à
des inventaires, enregistré un maximum d'opérations jusqu'à présent uniquement disponibles
sur papier, enfin réalisé un travail de préparation important.
Sournoisement sont d'abord arrivées quelques épidémies qui ont largement réduit nos
capacités de travail. Premier retard.
Tout de même, nous initialisons les opérations dès le Dimanche 22. Une fois préparées les
modifications de la Database, nous lançons les transferts vers le site d'hébergement...
Pour voir chaque transfert se faire rejeter ....
Après un gel des opérations, une connexion sur le site hébergeur, et quelques contrôles,
nous constatons avoir dépassé notre quota d'espace disque.
Qu'à cela ne tienne, une visite à la page d'upgrade de notre 'pack' et une augmentation de
notre espace devrait suffire. Mais ... ne voilà-t-il pas que nous sommes au maximum !?
(selon l'interface). Par chance, cela nous avait déjà menés à Lundi et un appel au centre
de support nous le confirme, nous devons 'changer de pack'. Opération vite menée (et
gratuite) mais dont nous ne découvrons les conséquences qu'après. Le nouveau pack est mis
en place dans un environnement différent ... et il faut donc TOUT retransférer.
Tout compris, le site dlgdl.com représente aujourd'hui plus de 18000 fichiers, répartis dans
environ 10 répertoires, qu'il faut traiter un par un (les répertoires, pas les fichiers !).
Et voilà, yapuka !
Au moment de l'écriture de ces lignes, le site est redevenu complet, la mise à jour Database a été effectuée, mais toutes les opérations de mise à jour des 'Catalogues en-ligne' restent à faire. C'est notre prochain challenge, début probable dans les deux heures qui viennent.
Nous avons un peu hésité à remettre en ligne des informations 'Catalogue' à tendance périmée,
mais avons fini par nous limiter à remettre, pour cet aspect, le site en l'état.
Cela ne rend que plus urgent pour nous la prise en compte des éléments cités précédemment pour
obtenir des pages Catalogue aussi valides que possible.
Une pièce rare se définit d'elle-même. Pour une pièce 'disponible', dix collectionneurs
la cherchent, chacun voulant être le premier. Au résultat, il y a donc 1 heureux et ...
9 frustrés. Le libraire de BD ancienne est souvent le réceptacle de ces 9 frustrations :
"quoi! rien de nouveau ?" ... "qu'avez-vous pour moi ?" ... "avez-vous trouvé mon xxx ?" ...
Dans les temps anciens, la BD était un peu méprisée, et une collection trouvée dans de
belles bibliothèques était du surplus. Les brocanteurs de BD faisaient donc souvent de
très bonnes affaires, la valeur des bonnes pièces compensant suffisamment le surcoût du reste.
Cette mécanique a quasiment disparu aujourd'hui. Les librairies spécialisées d'occasion
ferment les unes après les autres. La découverte de la collection de BD du 'tonton' trop
tôt disparu entraîne une mécanique d'évaluation, les pièces les plus qualifiées étant
'testées' sur EBay, et le reliquat sans valeur 'fourgué' à un chineur ami ...
Le particulier achète ses pièces récentes ou courantes à la facilité, soit dans la grande
surface ou le 'super' voisin, soit à un autre particulier (donc sans charge 'marchande')
via l'internet, et va ensuite réclamer les pièces rares aux libraires encore vivants.
...
Eh bien voilà ! Ce 'particulier' doit comprendre que cette belle mécanique (pour lui) ne
peut plus fonctionner. Le commerce de "BD rares" n'est pas rentable en soi et doit donc
être complété par d'autres sortes de matériels. Et naturellement, le libraire d'ancien
attribuera les pièces rares aux clients fidèles, ceux qui achètent AUSSI d'autres pièces.
Evidemment, l'effort demandé au 'client' doit aussi se retrouver au niveau du 'marchand'.
Est-il aujourd'hui possible d'échapper à la commande 'de son fauteuil' que permet
l'internet ? La réponse est non, et le 'marchand' doit donc s'adapter.
Il en est donc désormais de la BD d'occasion et de collection comme il en fut du commerce
de détail. Le particulier ne peut en même temps se ruer dans les grands complexes
commerciaux 'hors-de-la-ville' et se plaindre de la disparition du commerce de proximité.
Le choix est donc simple et binaire, changement d'attitude du particulier ou
installation des commerçants dans la 'galerie marchande' du CCR local ...
Si vous appréciez les visites semi-régulières dans une librairie d'ancien, avec ce qu'elle apporte de plaisir oculaire, mémoriel ou autre, faites en sorte de participer raisonnablement à sa survie.
(fin du mot d'humeur)Comme ont pu le constater ceux qui ont trouvé l'occasion de nous rendre visite au cours de ces derniers
7 mois, nous avons apporté une priorité maximale à l'alimentation du stock disponible et
au service du client qui se jette 'dans la gueule du loup'.
Des pièces peu courantes sont régulièrement proposées et la grande majorité de nos
visiteurs repartent satisfaits.
Il n'en reste pas moins que les pièces rares sont plutôt moins courantes qu'avant et que le temps nous manque pour en faire une exploration plus systématique. Les médias comme E-Bay drainent une partie de ces pièces et les bagarres de la vente aux enchères montent parfois à un paroxysme qui nous ferait traiter de voleurs si nous approchions un tant soit peu des prix d'échange pratiqués.
Les atouts restants d'une librairie spécialisée sont aujourd'hui la capacité d'achat de lots importants, à des prix raisonnables le tout avec un effort minimum de la part du vendeur, la pré-connaissance des pièces jointe à la possibilité de disposer d'un système de référencement sérieux et l'application d'une charte de qualité rigoureuse.
D'un autre côté, le reste de nos projets n'avance que lentement, et les collectionneurs
les plus impatients ont déjà commencé à nous le reprocher. Il est vrai que nous avions un
peu sous-estimé l'ampleur de la tâche, mais le bout du tunnel approche.
La trève d'août nous a aidé et la plupart de notre grandes tâches ont plus ou moins été
menées à terme. Notre puzzle se
termine et ce n'est qu'une fois la dernière pièce posée que vous pourrez le découvrir.
Merci pour la patience de ceux qui ont attendu et pour les coups de fouets toujours
stimulants des autres.
Enfin, le catalogue 71 est paru. Il ne s'agit principalement que d'un petit catalogue de reprise de contact (tout de même 80 pages), entièrement construit via le nouveau système de gestion. Il y a des différences sensibles de forme et de fond par rapport aux catalogues précédents, nous vous laissons les découvrir et les commenter (via le court questionnaire figurant au dos du bon de commande). A titre d'exemple, nous avons appliqué les critères de sélection suivants :
Les habitués de la boutique savent que le stock y est toujours impressionnant et que
cela ne s'est pas amélioré ! Nos systèmes de gestion étant quasiment au point (...), la
mise à disposition, en boutique et via nos catalogues, de ce matériel va donc pouvoir
monter en puissance assez rapidement.
La difficulté principale a résidé dans l'analyse, la définition et la mise en place de
procédures et de logiciels de gestion adaptés à la diversité et à la volumétrie de DLGDL.
Tout cela dans le cadre d'une boutique ouverte 6 jours par semaine, avec une volatilité
du stock importante ... ce qui complique forcément toute activité d'inventaire et de
référencement.....
Cette Database est désormais le point d'ancrage de nos systèmes de gestion. La mise en
place d'un étiquetage par code-barre approche donc, quoiqu'il faudra un travail continu
important avant que tout ne soit réalisé. Les premiers essais sont prévus vers Mars 2007.
Par ailleurs, puisque le terme de référencement a été utilisé, il implique que TOUT le
matériel disponible à la librairie ainsi (dès que possible) que TOUT le matériel
susceptible d'y être acquis (demain ...) soit proprement référencé...
De ce côté-là également, la charge de travail a été importante. La volumétrie interne de
la Database est aujourd'hui supérieure à 208.000 entrées, soit plus de 23.000 albums ou
fascicules ajoutés depuis Mars, tous, en principe, qualifiés un minimum et datés.
Et ce n'est pas fini...!
La boutique accepte désormais les règlements par Carte Bancaire. Par ailleurs, nous
disposons également d'un compte Paypal pour les achats par correspondance (rappelons
que le système Paypal est indépendant des achats EBay).
Pour aujourd'hui, that's all folks !
Suite au prochain bulletin.
La librairie Dans la Gueule du Loup a ouvert ses portes en octobre 1997. Plus proche de l'entrepot/caverne aux trésors que d'une librairie traditionnelle, la diversité du matériel a surpris la quasi totalité de ceux qui osaient franchir une porte pas trop engageante. Un noyau de fidèles s'est ainsi constitué peu à peu autour d'un lieu mi-belge mi-français qui est devenu un must de la BD parisienne.
Après huit ans d'un gros travail, son tenancier, Claude Eloy a souhaité se retirer, et quelques-uns de ses fidèles se sont associés pour reprendre et poursuivre son oeuvre. C'est ainsi qu'un certain 11 janvier 2006, à 14 heures, les portes de la librairie, après une courte fermeture, se sont réouvertes sur leurs nouveaux tenanciers, lesquels compensent le désavantage de ne pas être belges par l'avantage d'être deux (une fois).
La continuité est de rigueur. Relance de la rotation du matériel qui avait un peu faibli ces derniers temps, mêmes horaires d'ouverture, même traitement des listes de recherche, même compétence globale sur la BD, et bientôt, reprise des catalogues sont les lignes directrices de la nouvelle 'meute'. Pas de quoi déstabiliser le client habitué, en principe.
Sans trop faire de plans sur la comète, voici quelques idées d'évolutions qui devraient
se mettre en place tranquillement pendant l'année 2006 :